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Juste quelqu'un de bien

La formule est tirée de la chanson d’Enzo Enzo, victoire de la musique en 1994, sous fond d’une mélodie démarrée au xylophone. Enzo Enzo se pose la question suivante à propos d’une femme : que retient-elle de sa vie qu’elle pourrait voir en peinture ?


La réponse est simple : “Juste quelqu’un de bien, le coeur à portée de main, juste quelqu’un de bien, sans grand destin, mais l’amie à qui l’on tient, juste quelqu’un de bien….”


En contraste, me viennent les mots de Sartre dans “Huis Clos” sur les salauds. Trois personnages sont enfermés en enfer, condamnés les uns aux autres dans une chambre sans miroir, à la suite d’un jugement qui les a reconnu coupables. Dans le déni total de leur méfait, chacun d’eux avance masqué.


Garcin, le journaliste aux principes moraux purs, dit avoir été tué pour ne pas perdre son honneur et défendre avec courage son idéologie pacifiste en temps de guerre. Sa part d’ombre se révèle inexorablement : il a quotidiennement maltraité et trompé sa femme avec ignominie, et, pire encore, il a fui lâchement le combat jusqu'à se faire tuer. “Je ne suis plus rien sur terre, même plus un lâche”, admet le faux héros.


Celui qui se drapait dans la vertu et dont l’image de lui-même comptait tant à ses propres yeux, celui-là-même qui avait tant intériorisé la loi morale intérieure, se voit ramené au réel de ses actes, car le regard de l’autre dans cette chambre close ne lui permet pas d'échapper à sa propre culpabilité intérieure : “Pas besoin de gril, l’enfer c’est les Autres.”


Nos relations humaines seraient-elles alors vouées à l’enfer ? Les derniers mots de la pièce de Sartre permettent de penser le contraire : “Continuons !"


Pour en finir avec ce type de cercle infernal, qui nous fait jouer nos plus mauvais rôles dans le triangle dramatique du Persécuteur, du Sauveur ou de la Victime, et qui nous réduisent à la mauvaise foi, autorisons-nous à être nous-même : une personne sans masque en relation à l’autre.


Continuons de vivre avec authenticité ! Comme disent les paroles de la chanson d’Enzo,


“Debout devant ses illusions

Une femme que plus rien ne dérange

Comme des gens qui parlent et qui doutent d’être au-delà des apparences ”


Alors, ce quelqu’un de bien sera bien visible dans les yeux de l'autre ! Et le rayonnement d'une conscience authentique est d’une puissance rare…






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